Question n° 16761 publiée le 07/07/2026
Mme Amélia Lakrafi attire l’attention de M. le ministre du travail et des solidarités sur les difficultés rencontrées par les assurés ayant accompli une partie de leur carrière à l’étranger pour obtenir, avant le dépôt de leur demande de retraite, la prise en compte de leurs périodes d’assurance accomplies dans un pays relevant des règlements européens de coordination des systèmes de sécurité sociale ou d’un accord bilatéral de sécurité sociale conclu par la France. En effet, lorsqu’un assuré sollicite la mise à jour de son relevé de carrière afin que ses périodes d’activité à l’étranger y soient intégrées, les caisses d’assurance retraite et de la santé au travail (CARSAT) répondent très fréquemment que la carrière étrangère ne sera examinée qu’au moment du dépôt de la demande de retraite. Cette pratique place les assurés concernés dans une situation paradoxale : pour déterminer leur date de départ à la retraite, notamment en cas de départ anticipé, pour apprécier l’atteinte du taux plein, ou encore pour obtenir une estimation fiable du montant futur de leur pension, ils doivent pourtant disposer d’une vision complète de leur durée d’assurance, y compris les périodes accomplies à l’étranger. Il leur est ainsi demandé de déposer une demande de retraite sans disposer au préalable des éléments nécessaires pour en fixer le point de départ. Cette question présente également des conséquences concrètes dans certaines situations rencontrées en fin de carrière, lorsqu’un assuré ayant travaillé à la fois en France et à l’étranger atteint l’âge légal de départ à la retraite alors qu’il est inscrit et indemnisé par France Travail, par exemple à la suite d’une perte d’emploi. Dans cette hypothèse, la réglementation permet au régime général de neutraliser les périodes étrangères afin de ne retenir que la durée d’assurance accomplie en France, ce qui peut permettre à l’assuré, s’il ne réunit pas la durée d’assurance nécessaire au taux plein, de poursuivre son indemnisation chômage. À l’inverse, lorsque la durée d’assurance totale, France et étranger confondus, permet d’atteindre le taux plein, l’assuré peut avoir intérêt à liquider immédiatement sa pension, notamment si celle-ci s’avère supérieure à son allocation chômage. Un arbitrage éclairé entre la poursuite de l’indemnisation chômage et la liquidation de la retraite suppose donc que les périodes étrangères soient connues et identifiées suffisamment en amont. Dans un contexte de mobilité professionnelle internationale croissante, cette insécurité juridique et pratique concerne un nombre croissant d’assurés, alors même que les règlements européens et les accords bilatéraux ont précisément pour objet de garantir la coordination des droits acquis dans les différents pays concernés. En conséquence, elle lui demande quelles mesures il entend prendre pour permettre aux CARSAT d’intégrer les périodes de carrière à l’étranger dans les relevés de carrière en amont du dépôt de la demande de retraite et ainsi garantir aux assurés ayant connu une mobilité internationale la visibilité nécessaire à la préparation de leur départ à la retraite.
Réponse :









