Revue de presse du déplacement :
https://libnanews.com/le-president-aoun-discute-des-preparatifs-pour-la-conference-de-paris-avec-la-deputee-lakrafi/
https://icibeyrouth.com/a1333447
Je me suis rendue au Liban les 18 et 19 février 2026 pour un déplacement de trente-six heures particulièrement dense, utile et nécessaire. Chaque mission dans ce pays me rappelle à quel point il est à la fois fragile dans ses équilibres et incroyablement résilient par la force d’engagement de sa société civile et de ses habitants. Dans un contexte régional et national marqué par de profondes incertitudes, ma présence avait pour objectif d’être à l’écoute et de soutenir nos compatriotes, et de contribuer à renforcer le lien historique, humain et politique qui unit la France et le Liban.

J’ai débuté ce déplacement par un échange approfondi avec nos équipes diplomatiques. Ce point de situation m’a permis de mesurer pleinement les défis politiques et sécuritaires actuels, ainsi que l’ampleur de leur engagement au service de la France et des Français. Leur mobilisation quotidienne, dans un environnement exigeant, est essentielle pour maintenir la qualité de notre relation bilatérale et accompagner nos compatriotes.
J’ai ensuite eu l’honneur d’être reçue par le Président de la République libanaise, Joseph Aoun. Cet entretien a constitué un moment fort de ma visite. Nous avons échangé sur l’avenir du Liban, sur les conditions nécessaires à sa stabilité et sur le rôle que la France continue à jouer avec exigence et fidélité. J’ai réaffirmé l’attachement de la France au Liban et l’importance de poursuivre un dialogue étroit, fondé sur une relation d’amitié ancienne et profonde. La France continuera à se tenir aux côtés du Liban, dans le respect de sa souveraineté, pour accompagner les efforts de stabilité et de reconstruction.

Je me suis aussi rendue à l’Hôtel-Dieu de France, où j’ai tenu une réunion de travail avec son directeur, Nassib Nasr, pour aborder les perspective d’une meilleure prise en charge sanitaire nos compatriotes, en particulier sur le volet de la couverture santé. Depuis plusieurs mois, nous travaillons de concert pour trouver le moyen d’augmenter le niveau de prise en charge des soins par la Caisse des Français de l’étranger en réfléchissant à un partenariat structurant spécifique qui pourrait lier le CFE au réseau hospitalier placé sous l’égide de l’Hôtel-Dieu. Ce travail s’inscrit dans la continuité des interventions que j’ai déjà menées pour aboutir à des solutions concrètes, car l’accès aux soins est une préoccupation majeure pour les Français du Liban.
Je me suis également rendue au Consulat général de France à Beyrouth, où j’ai échangé avec les équipes consulaires sur les préoccupations quotidiennes de nos compatriotes. Nous avons abordé les problématiques sociales, les démarches administratives, les demandes de visas, les inscriptions au registre consulaire et l’accompagnement des situations individuelles. Ces échanges m’ont permis de mesurer l’ampleur des attentes et l’importance d’un accompagnement de proximité, particulièrement dans un contexte où la dématérialisation des procédures peut constituer une difficulté supplémentaire pour certains Français.
L’éducation a constitué un autre axe prioritaire de mon déplacement. J’ai ainsi pu échanger avec le Conseiller de coopération et d’action culturelle de notre Ambassade, ainsi qu’avec certains établissements de notre réseau d’enseignement français sur les récentes décision prises par l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE) qui emportent d’importantes conséquences pour les lycées français, ainsi que sur le projet de réforme qui devrait remodeler cette administration dans le courant de l’année 2026. Deux priorités sont poursuivis par les décideurs dans ce cadre : la viabilité financière du réseau et l’excellence pédagogique qui fait la marque et l’attractivité de nos établissements partout dans le monde. Nous avons bien sûr évoqué les préoccupations des familles, en raison notamment d’une éventuelle hausse des frais de scolarité. Les lycées français sont au cœur de la présence française au Liban et constituent un pilier fondamental de notre influence, mais aussi un repère essentiel pour nos familles. Leur défense et leur accompagnement demeurent une priorité absolue.

J’ai également tenu une réunion publique avec nos compatriotes, dans un esprit d’écoute et de dialogue direct. J’y ai rappelé mon rôle de députée à l’Assemblée nationale, qui consiste à voter la loi, à l’amender et à contrôler l’action du gouvernement, notamment dans le cadre de mes travaux au sein de la Commission des Affaires étrangères et de mon engagement à l’Assemblée parlementaire de la Francophonie. J’ai insisté sur l’importance de l’inscription au registre consulaire, qui conditionne les moyens accordés à la communauté française. J’ai également rappelé combien les remontées du terrain sont essentielles pour me permettre d’agir efficacement, relayer les difficultés rencontrées et faire évoluer les dispositifs existants. Les échanges ont notamment porté sur les démarches administratives, souvent perçues comme complexes, ainsi que sur les préoccupations sociales et éducatives.
J’ai par ailleurs rencontré plusieurs chefs d’entreprise, dont Fouad Zmokhol et Riad Obeji, qui continuent, malgré les difficultés économiques majeures, à investir, à créer et à croire en l’avenir de leur pays. Ces échanges ont été précieux pour mieux comprendre les réalités économiques actuelles et identifier des opportunités de coopération entre les acteurs français et libanais. Le dynamisme de ces entrepreneurs constitue un facteur clé de résilience et un levier important pour renforcer les relations économiques entre nos deux pays.

Ce déplacement était court, mais chaque échange a compté. Il m’a permis d’être au plus près des Français du Liban, d’entendre leurs préoccupations et de poursuivre mon travail pour améliorer concrètement leur situation. Il m’a également permis de réaffirmer la force du lien franco-libanais, un lien vivant, humain et profond, qui repose sur une histoire partagée mais surtout sur une volonté commune de construire l’avenir.
Je repars du Liban avec une conviction intacte : être présente, écouter, soutenir et agir est le sens même de mon engagement. Dans les épreuves que traverse ce pays, la France a un rôle particulier à jouer, aux côtés des Français qui y vivent et de tous ceux qui œuvrent pour son avenir.









