Les Émirats arabes unis sont désormais, de loin, le pays de ma circonscription qui compte le plus grand nombre de Français. Si 35 000 de nos compatriotes sont officiellement inscrits sur les registres consulaires, leur nombre réel est estimé à plus du double, et l’engouement pour cette destination ne semble pas faiblir, bien au contraire. Les profils de mobilité évoluent également : les contrats d’expatriation classiques se raréfient, tandis que se multiplient des parcours individuels, parfois insuffisamment préparés. Ces nouvelles trajectoires donnent naissance à des besoins émergents, à de nouvelles attentes, et parfois à des situations sociales précaires particulièrement difficiles à accompagner. Comme dans de nombreux pays, les Émirats arabes unis sont perçus comme une terre d’opportunités, mais je le rappelle souvent, l’image de l’Eldorado peut rapidement se transformer en réalité cauchemardesque lorsque l’improvisation prend le pas sur la préparation.
Pour toutes ces raisons, il m’apparaît essentiel de me rendre régulièrement à la rencontre de nos communautés sur place, afin de mener un travail de pédagogie, de cerner les besoins nouveaux, de rester à l’écoute et de relayer leurs préoccupations pour que les services publics destinés aux Français de l’étranger soient constamment adaptés à la réalité du terrain.
Au cours des derniers mois, je me suis rendue à deux reprises aux Émirats arabes unis et, à chaque occasion, j’ai souhaité faire passer deux messages très clairs. J’ai d’abord insisté sur l’importance de l’inscription au registre consulaire, qui facilite l’ensemble des démarches administratives, notamment pour l’accès aux bourses scolaires, et qui garantit une identification efficace par les autorités françaises en cas de situation de crise. Compte tenu des tensions internationales actuelles dans la région, il est plus que jamais nécessaire que nos compatriotes se fassent connaître des services consulaires. J’ai tenu à rappeler qu’aucun lien n’existe entre cette inscription et l’administration fiscale. J’ai également souligné l’enjeu de la participation aux prochaines élections des Conseillers des Français de l’étranger, prévues au mois de mai. Lors du scrutin de 2021, la participation avait été dramatiquement faible, malgré la possibilité de voter par voie électronique. Or, prendre part à ce vote, quel que soit son choix, c’est manifester son attachement à la vie démocratique française, rendre visible l’importance de notre communauté à l’étranger et permettre l’obtention de moyens à la hauteur de son poids réel, dans un contexte budgétaire particulièrement contraint.
Mon premier déplacement s’est déroulé à Abou Dabi, au cœur des fêtes de fin d’année, aux côtés du Président de la République, pour célébrer Noël avec nos troupes mobilisées sur la base militaire française. À cette occasion, Emmanuel Macron a rappelé avec force qu’un « un pays fort est un pays reconnaissant envers ceux qui le servent ». Je souscris pleinement à ces paroles et tiens une nouvelle fois à saluer l’engagement exemplaire de nos forces armées au service de la France.

Dans le courant du mois de janvier, je me suis ensuite rendue à Dubaï et à Abou Dabi pour participer à plusieurs événements majeurs de la communauté française. À Dubaï, j’ai eu le plaisir d’assister à la dictée géante organisée au Lycée Français International de l’AFLEC, en partenariat avec Rachid Santaki et l’entreprise Axiom Academic. Cet événement a su transformer un exercice souvent redouté en un moment de partage, de convivialité et de célébration de notre langue. Il régnait dans la cour de l’établissement une atmosphère de joie et de fête, illustrant parfaitement l’esprit de cette initiative qui vise à rassembler plutôt qu’à exclure. L’AFLEC promeut une pédagogie fondée sur les projets collectifs, l’autonomisation des élèves et la bienveillance comme levier d’excellence et de confiance en soi. À l’heure où notre modèle d’enseignement français à l’étranger traverse une période de fragilisation et appelle une réforme structurelle indispensable, il est essentiel d’e ne pas néglige’entendre la voix de ces acteurs engagés qui font aujourd’hui la force de notre réseau éducatif.

À Abou Dabi, j’ai poursuivi la grande consultation des acteurs de l’enseignement français à l’étranger que j’ai engagée depuis plusieurs semaines afin d’alimenter la réflexion sur la réforme en préparation. L’enseignement français à l’étranger demeure un instrument précieux de notre rayonnement culturel et linguistique, mais son modèle économique actuel ne permet plus d’en garantir la viabilité à long terme, ni d’assurer à la fois l’accueil de nouveaux effectifs et le maintien de l’excellence éducative recherchée par nos compatriotes comme par les familles de nationalités tierces.
J’ai également souhaité réunir des parents dont les enfants sont porteurs de handicap. Élever un enfant à besoins éducatifs particuliers à l’étranger peut représenter un véritable défi, voire une impasse lorsque les dispositifs d’accompagnement sont insuffisants ou inexistants. Si des avancées notables ont été réalisées ces dernières années, notamment en matière d’inclusion dans les établissements français, il reste encore beaucoup à faire pour répondre pleinement aux attentes des familles. Aux Émirats arabes unis, je sais les services diplomatiques et consulaires pleinement mobilisés sur ce sujet, et je suis convaincue qu’il serait pertinent d’y expérimenter de nouvelles mesures afin de tester des dispositifs susceptibles d’apporter une aide réellement efficace et concrète aux familles.

Ces déplacements ont une nouvelle fois confirmé la vitalité de notre communauté française aux Émirats arabes unis, tout en mettant en lumière les transformations profondes de ses profils et de ses besoins. Ils ont également souligné l’engagement remarquable de nos forces armées ainsi que le rôle essentiel des acteurs éducatifs et associatifs dans le rayonnement de la France à l’étranger. Dans un contexte international exigeant et marqué par de fortes contraintes budgétaires, il est plus que jamais nécessaire de maintenir une présence de terrain régulière, afin d’adapter nos politiques publiques aux réalités vécues par nos compatriotes établis hors de France.









